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Je réclame, parmi les droits de l'homme, le droit à l'indifférence quand l'indifférence est nécessaire à mon âme.
Louis Pauwels 

Je ne suis pas certaine que Louis Pauwels, soutiendrait les propos qui vont suivre. Je ne connais rien d’autre de la personne que cette citation qui m’inspire une éloge de la différence, et effectivement un droit à l’indifférence…

Assez facile effectivement d’intellectualiser la notion de tolérance, parfois plus difficile de se l’appliquer à soi même, ou à ses propres enfants !

On tolère le mariage mixte, tant que l’on n’est pas concerné…

On tolère l’homosexualité mais pas pour ses enfants !

On légifère sur le pacs.

On «débat » sur le mariage entre personne de même sexe.

On « refuse » le droit à l’adoption aux parents de même sexe..

En bref, en 2006, l’homosexualité fait encore peur.

Peut être la peur de la contagion !

Non, rassurez vous, l’homosexualité n’est pas une maladie transmissible. (A titre d’information, il y a seulement quelques années que l’homosexualité n’est plus considérée dans les textes comme une maladie. hallucinant !)

Oui, je les vois déjà, les voix qui s’élèvent. Mais si ! Regarde, il y en a de plus en plus, c’est un phénomène de mode !

A ceux là, je rétorquerais, essaye de vivre seulement quelques mois dans la peau d’une personne qui découvre son attirance pour les personnes du même sexe, et on en reparlera dans quelque temps.

La peur, la honte, le mensonge, le fait d’être obligé de se cacher, d’être obligé de participer aux moqueries débiles pour que personne ne sache qu’il en est… Tout ça c’est le lot quotidien, du jeune homo qui ne s’assume pas encore ouvertement, qui n’a pas fait son coming out.

Déjà, toute cette phase d’acceptation de sa différence peut être longue, prendre des années. Mais en plus, même une fois, bien dans ses nouvelles baskets, rien n’est terminé.

Notre société sous ses airs bon enfant, nous dévisage, nous juge, nous montre du doigt.

On parle dans nos journaux du mariage d’elton john et de son compagnon, magnifique ! Mais surtout pas chez nous !

Tout ça me fait gerber.

Comme dans tous les domaines de notre vie, il y a les clichés, les homos qui participent à entretenir le mythe de gay-sexuel, et puis il y a la réalité.

La réalité, s’est quand même, plus souvent la recherche d’une relation amoureuse stable, et une construction à deux, que la recherche d’une aventure sexuelle immédiatement consommée et oubliée.

Quand bien même, qui est choqué par les rencontres d’un soir, quand il s’agit d’un couple homme/femme ? Personne !

Pourquoi est ce que cela choque quand il s’agit d’un couple homme/homme ou femme/femme ? (L’acte sexuel ne serait il propre que dans le cadre d’une relation hétéro !)

Dans notre société, soit disant, plus ouverte,  tolèrerait on mieux l’échangisme, les jeux sexuels des hétéros que l’homosexualité ?

Un homme qui à de multiples aventures est qualifié de « tombeurs » (faite une mou admirative SVP !), mais une femme qui fait pareille est appelée « une salope » !

Vive la morale judéo chrétienne !!

Les clichés, les amalgames, nous pourrissent la vie !

Non ! Les homos ne vivent pas tous comme dans « la cage aux folles »

Non ! Les lesbiennes ne sont pas toutes des camionneuses comme dans « gazon maudit »

Arrêtons les clichés.

Les couples homos stables existent, et ils ne demandent qu’une seule chose, l’indifférence, le droit de vivre comme tout le monde. Le droit de marcher main dans la main, d’être romantique, de s’embrasser tendrement dans un lieu public sans avoir à faire face aux insultes, aux regards inquisiteurs ou curieux, de construire une vie de couple harmonieuse, d’avoir un avenir, un enfant.

Et vous savez quoi, pour y voir, une objection, ou un problème et bien il faut être totalement ignorant du monde homo. Pour remédier à l’intolérance, il faudrait que chaque personne intolérante par rapport à nous, côtoie des homos, les connaissent, tout simplement pour dédramatiser.

Il n’y a aucune différence entre un couple homo et un couple hétéro, on retrouve exactement les mêmes problèmes lorsqu’il y en a... (Jalousie, dépendance, peur de l’enfermement, de l’engagement, de la routine etc etc…)

Les problèmes de couples sont universels et se foutent bien de savoir si les protagonistes sont du même sexe ou non !

Pourtant, je suis bien placé pour vous dire, que même si ça devrait être simple, ça ne l’est pas. Déjà deux fois que je suis amoureuse, et que je suis obligée de quitter la fille que j’aime parce que je sens que entre les projets communs évoqués et la vie réelle il y a un monde. Un monde appelé FAMILLE.

Deux fois que la fille que j’aime et qui m’aime, tout à coup, devant l’ampleur de la fermeture de ses parents aux sujets, se bloque, trouve tout à coup milles raisons de s’éloigner de moi, et fait en sorte que ce soit moi qui dise « je te quitte »…

C’est une souffrance d’autant plus difficile à supporter que vous le croirez ou non, mais quand vous êtes amoureuse d’une autre femme, et que vous vous acceptez, vous ne vous rendez plus compte que vous êtes « différente », la vie suis son cours, et même si nous sommes obligés de retenir nos gestes dans la vie de tous les jours, les choses deviennent aussi légère que dans toute histoire d’amour. Et les gens qui vous aiment, ceux qui vous connaissait avant de savoir et qui vous appréciait continuent à le faire, les autres s’éloignent naturellement, mais en ce qui me concerne aucune personne cher à mes yeux ne m’a fermé la porte au nez, ou n’a tenté de me convaincre que ce n’était qu’une passade.

Je suis homo et je l’assume. Je ne le crie pas sur tous les toits, je ne le revendique pas, je n’ai pas de fierté, mais je n’ai pas de honte.

Après tout ce que je fais dans l’intimité ne regarde que moi.

Nous ne vous demandons pas de comprendre, ou d’approuver notre sexualité.

Nous revendiquons juste ce droit à l’indifférence.