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ma vie, mes envies, mes tristesses, mon homosexualité...

29 avril 2006

je reclame le droit à l'indifférence !

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Je réclame, parmi les droits de l'homme, le droit à l'indifférence quand l'indifférence est nécessaire à mon âme.
Louis Pauwels 

Je ne suis pas certaine que Louis Pauwels, soutiendrait les propos qui vont suivre. Je ne connais rien d’autre de la personne que cette citation qui m’inspire une éloge de la différence, et effectivement un droit à l’indifférence…

Assez facile effectivement d’intellectualiser la notion de tolérance, parfois plus difficile de se l’appliquer à soi même, ou à ses propres enfants !

On tolère le mariage mixte, tant que l’on n’est pas concerné…

On tolère l’homosexualité mais pas pour ses enfants !

On légifère sur le pacs.

On «débat » sur le mariage entre personne de même sexe.

On « refuse » le droit à l’adoption aux parents de même sexe..

En bref, en 2006, l’homosexualité fait encore peur.

Peut être la peur de la contagion !

Non, rassurez vous, l’homosexualité n’est pas une maladie transmissible. (A titre d’information, il y a seulement quelques années que l’homosexualité n’est plus considérée dans les textes comme une maladie. hallucinant !)

Oui, je les vois déjà, les voix qui s’élèvent. Mais si ! Regarde, il y en a de plus en plus, c’est un phénomène de mode !

A ceux là, je rétorquerais, essaye de vivre seulement quelques mois dans la peau d’une personne qui découvre son attirance pour les personnes du même sexe, et on en reparlera dans quelque temps.

La peur, la honte, le mensonge, le fait d’être obligé de se cacher, d’être obligé de participer aux moqueries débiles pour que personne ne sache qu’il en est… Tout ça c’est le lot quotidien, du jeune homo qui ne s’assume pas encore ouvertement, qui n’a pas fait son coming out.

Déjà, toute cette phase d’acceptation de sa différence peut être longue, prendre des années. Mais en plus, même une fois, bien dans ses nouvelles baskets, rien n’est terminé.

Notre société sous ses airs bon enfant, nous dévisage, nous juge, nous montre du doigt.

On parle dans nos journaux du mariage d’elton john et de son compagnon, magnifique ! Mais surtout pas chez nous !

Tout ça me fait gerber.

Comme dans tous les domaines de notre vie, il y a les clichés, les homos qui participent à entretenir le mythe de gay-sexuel, et puis il y a la réalité.

La réalité, s’est quand même, plus souvent la recherche d’une relation amoureuse stable, et une construction à deux, que la recherche d’une aventure sexuelle immédiatement consommée et oubliée.

Quand bien même, qui est choqué par les rencontres d’un soir, quand il s’agit d’un couple homme/femme ? Personne !

Pourquoi est ce que cela choque quand il s’agit d’un couple homme/homme ou femme/femme ? (L’acte sexuel ne serait il propre que dans le cadre d’une relation hétéro !)

Dans notre société, soit disant, plus ouverte,  tolèrerait on mieux l’échangisme, les jeux sexuels des hétéros que l’homosexualité ?

Un homme qui à de multiples aventures est qualifié de « tombeurs » (faite une mou admirative SVP !), mais une femme qui fait pareille est appelée « une salope » !

Vive la morale judéo chrétienne !!

Les clichés, les amalgames, nous pourrissent la vie !

Non ! Les homos ne vivent pas tous comme dans « la cage aux folles »

Non ! Les lesbiennes ne sont pas toutes des camionneuses comme dans « gazon maudit »

Arrêtons les clichés.

Les couples homos stables existent, et ils ne demandent qu’une seule chose, l’indifférence, le droit de vivre comme tout le monde. Le droit de marcher main dans la main, d’être romantique, de s’embrasser tendrement dans un lieu public sans avoir à faire face aux insultes, aux regards inquisiteurs ou curieux, de construire une vie de couple harmonieuse, d’avoir un avenir, un enfant.

Et vous savez quoi, pour y voir, une objection, ou un problème et bien il faut être totalement ignorant du monde homo. Pour remédier à l’intolérance, il faudrait que chaque personne intolérante par rapport à nous, côtoie des homos, les connaissent, tout simplement pour dédramatiser.

Il n’y a aucune différence entre un couple homo et un couple hétéro, on retrouve exactement les mêmes problèmes lorsqu’il y en a... (Jalousie, dépendance, peur de l’enfermement, de l’engagement, de la routine etc etc…)

Les problèmes de couples sont universels et se foutent bien de savoir si les protagonistes sont du même sexe ou non !

Pourtant, je suis bien placé pour vous dire, que même si ça devrait être simple, ça ne l’est pas. Déjà deux fois que je suis amoureuse, et que je suis obligée de quitter la fille que j’aime parce que je sens que entre les projets communs évoqués et la vie réelle il y a un monde. Un monde appelé FAMILLE.

Deux fois que la fille que j’aime et qui m’aime, tout à coup, devant l’ampleur de la fermeture de ses parents aux sujets, se bloque, trouve tout à coup milles raisons de s’éloigner de moi, et fait en sorte que ce soit moi qui dise « je te quitte »…

C’est une souffrance d’autant plus difficile à supporter que vous le croirez ou non, mais quand vous êtes amoureuse d’une autre femme, et que vous vous acceptez, vous ne vous rendez plus compte que vous êtes « différente », la vie suis son cours, et même si nous sommes obligés de retenir nos gestes dans la vie de tous les jours, les choses deviennent aussi légère que dans toute histoire d’amour. Et les gens qui vous aiment, ceux qui vous connaissait avant de savoir et qui vous appréciait continuent à le faire, les autres s’éloignent naturellement, mais en ce qui me concerne aucune personne cher à mes yeux ne m’a fermé la porte au nez, ou n’a tenté de me convaincre que ce n’était qu’une passade.

Je suis homo et je l’assume. Je ne le crie pas sur tous les toits, je ne le revendique pas, je n’ai pas de fierté, mais je n’ai pas de honte.

Après tout ce que je fais dans l’intimité ne regarde que moi.

Nous ne vous demandons pas de comprendre, ou d’approuver notre sexualité.

Nous revendiquons juste ce droit à l’indifférence.

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28 avril 2006

angoisse 2

12

grosse crise d'angoisse en direct live !

me voilà assise en face de l'écran, les larmes prêtent à jaillir, parce que tout à coup l'impression de solitude, l'angoisse de l'abandon me saisit au vol.

Tout à coup, oubliées les bonnes intentions, les impressions de mieux être, les impressions d'avoir changé, je suis une petite fille avec la goutte au nez.

Tout à coup, je me sens abandonnée par tout le monde, seule, irrémédiablement seule.

Heureusement, je sais que ça va passer, que les crises sont moins longues, moins dévastatrices qu'auparavant.

Dans ces moments là, je confonds toutes les émotions qui m'arrivent, qui m'assaillent. Immédiatement, celle qui prédomine est la colère. Colère que je me retourne contre moi même lorsque je suis seule. Colère qui parfois s'est exteriorisée sur d'autre personne.

Heureusement, je ne suis pas assez malade pour réaliser mes fantasmes de vengeance, je me retiens parce que je serais capable de faire mal, très très mal. Je ne suis jamais fière dans ces moments là, j'ai beaucoup de culpabilité à avoir envie de blesser l'autre. cet autre moi existe pourtant, et je ne pourrais jamais le soigner si je ne lui reconnais pas d'existence.

Toute les fois, c'est le même sentiment, parce que j'ai mal et que je ne supporte pas cette douleur, je la transforme en colère, en rage. Je crois qu'encore je confonds les émotions de base, je n'ai pas appris à les reconnaître, à les exprimer, du coup tout devient trop confus à mon goût, et je m'emporte.

Je suis quelqu'un de complexe, ma violence n'est que fantasmagorique, je n'ai heureusement jamais levé la main sur personne, voilà au moins un des enseignements importants que mes parents m'ont légué.

Je ne sais pas si c'est "normal", ce n'est pas tout à fait le genre de sujet dont on cause dans les salons !

Le fait d'écrire me soulage déjà.

Heureusement, je me déteste quand je suis dans cet état.

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27 avril 2006

rupture...

extrait de "les menteurs" marc lambron

Qu’est ce que cela fait d’être quittée quand on a un séminaire poststructuraliste a la place du cœur(…) je peux te le dire avec les mots les plus froids, les plus techniques, les plus désinvestis. Je ressemblerai ainsi à l’image qu’il t’arrange d’avoir de moi.

Etre quittée, c’est froidement ceci :

-         perte d’objet répétant la séparation d’avec le corps maternel.

-         Blessure narcissique.

-         Effraction du manque ; perte de l’autre sexué

-         Rumination du passé, deuils des anticipations heureuses.

-         Culpabilité.

-         Désocialisation par rupture avec le groupe proche.

-         Solitude objective

-         Rétraction devant l’avenir (peur de la répétition)

-         Perte de l’estime de soi, pensées mortifère

-         Souffrances psychiques rémanentes

Une fois que l’on a posé cela, rétrospectivement et même sur le moment, est ce que l’on est plus avancée ? Pas vraiment.

Ce que Pierre a emporté avec lui, ce n’est pas seulement le temps où je l’avais aimé, mais l’idée que je m’étais faite de la vie. Il me décrit comme une polarde, prétend que mes aspirations fusionnelles étaient nées d’un cursus scolaire. Est-ce qu’il croyait, lui, pouvoir s’exempter de ce qu’il avait appris ? Ne serait il pas obligé, comme tout le monde autour de lui, de se présenter à l’agrégation ? Était il vraiment libéré de la vision littéraire du monde qu’il me reprochait ? Il disait s’émanciper des livres et vivait encore selon les schémas dictés par les écrivains. (…)

Maintenant si pierre veut savoir comment j’ai pris cette affaire, je peux lui en faire part : très mal.

Je me revois, pleurant comme une fontaine, seule dans ma chambrette, à ressasser le temps que j’avais passé avec lui, vivant son comportement comme une injustice. Est-ce qu’on a le droit de gâcher la vie d’une fille de vingt ans ? D’en faire une veuve dont le mari court la campagne ? Je haïssais ce beau salaud, et plus encore l’amour que j’avais eu pour lui. Certaines nuits, le sentiment de manque était atroce. J’aurais pu me jeter à la tête du premier venu, mais j’avais perdu jusqu’à l’envie de regarder un visage de garçon ; pire que ça, j’en avais peur. Si c’était le prix de l’age adulte, j’étais en train de le payer comptant.

Je ne vais pas geindre pendant des pages et des pages. La dessus, je reste assez fille de mes parents : ils m’avaient appris quand on a mal à ne pas crier.

Mais l’éloignement de Pierre, son abrupte volte-face m’ont fait ressentir pour la prière fois, au-delà de la douleur d’être quittée, ce que peut être le désenchantement du monde. Un sentiment d’irrémédiable m’écrasait au-delà de la mesure, je me trouvais laide, indigne de séduire, je me reprochais ma bêtise et mon insignifiance. Un ou deux garçons me tournaient autour, mais je leur opposais des mines de vierge hautaine. D’ailleurs, ils ne me plaisaient pas. J’étais renvoyé à la nécessité de construire autrement ma vie.

Un temps, je me suis considérée comme une bannie. L’école de la rue d’Ulm, la périphérie du Panthéon, certains cinémas m’étaient interdits. Tous les endroits où j’aurais pu croiser Pierre, je les évitais. Le seul remède que je connaissais c’est le travail….

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25 avril 2006

quête de l'estime de soi

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Oui la quête débutait, parce que lorsque vous avez cru pendant trente ans que vous n’aviez guère de valeur, le simple fait de comprendre intellectuellement un certain nombre de choses sur votre famille, ne suffit malheureusement pas à effacer les traces profondes que les traumatismes d’un manque d’amour maternel et paternel laisse, en tout cas ont laissé chez moi…

Je me suis retrouvée un beau jour avec une vie en milles morceaux, tel un grand puzzle mais où il manque des pièces.

Tout à coup, vous viennent à l’esprit milles questions : quels sont mes vrais goûts ? Quels sont mes vrais désirs ? Qu’est ce que je veux vivre et que je ne me suis jamais autorisée à vivre ? Est ce que j’aime vraiment les femmes ou bien est ce parce que j’ai appris à détester les hommes ? Est ce que je suis « anormale », pute ou salope (dixit ma mère) parce que j’aime faire l’amour ? Plus toutes celles dont vous ne soupçonnez même pas encore l’existence… là j’ai été au prise direct avec les crises d’angoisses qui apparaissent tout à coup, on ne sait pas pourquoi, les grosses crises de culpabilité, de doute…

Heureusement, le coté positif, de toutes ces interrogations, c’est qu’elle transforme déjà votre vie sans vraiment que vous vous en rendiez compte. Tout à coup, tiens vous remarquez qu’on vous regarde, qu’on vous drague même ! La couche de votre armure si lourde à porter s’est un peu amoindrie, et fendillée, et comme vous êtes plus ouverte, vous attirez plus de gens, ou en tout cas, vous avez désormais les yeux un peu plus ouverts, peut être d’ailleurs seulement plus indulgent envers vous-même.

Autour de vous le monde bouge et vous récompense des efforts que vous faites chaque semaine sur votre divan favori…

Vous avez abandonné en cours de route des gens néfastes pour vous, et comme par enchantement apparaissent autour de vous d’autres personnes, qui vous ressemblent plus, qui sont plus ouverts, ou bien avec qui le courant passe parce que tout simplement (et vous ne le savez pas encore) ils ont vécus aussi dans une « famille toxique »…

Ces gens là, ceux qui comptent, à qui vous vous ouvrez, et qui s’ouvrent à vous, vous aide aussi à progresser dans votre parcours, parce que vous osez partager avec eux vos doutes, vos tristesses, vos émotions.

Le simple fait de parler de vous, de ce que vous avez vécu, de ce que vous ressentez, vous aide à réaliser que premièrement vous ressentez quelque chose (que ce soit de la joie, de la tristesse, de la colère peu importe) deuxièmement vous n’êtes pas seule au monde à manquer de confiance en vous et en la vie…

Par contre, j’avoue qu’à ce moment là, moi j’ai eu de plus en plus de mal à supporter les gens qui se voilent la face, qui se font exploiter affectivement ou matériellement. Et ça fait du vide ! Mais ce que j’y ai perdu en quantité je l’ai gagné milles fois en qualité…

Tout devient différent, vous savez dorénavant quand vous faites quelque chose ( par exemple pour moi aller chez mes parents) uniquement par, tradition, culpabilité, même si vous n’arrivez pas encore à leur dire, je n’ai pas le temps cette semaine, ou j’ai autre chose de prévu…

Vous entendez que vous n’obtiendrez jamais l’amour de vos parents, frères et soeurs.

Vous entendez que tous les membres de votre famille n’ont absolument aucune envie que vous changiez.

Vous entendez que la princesse charmante n’existe pas.

Vous entendez que vous devez vous aimer vous-même.

Vous entendez que vous devez être toujours à l’écoute de vous-même.

Vous entendez que vous ne devez rien à personne sauf à vous-même.

Pourquoi, le verbe entendre ?

Parce qu’en réalité, vous savez que c’est vrai mais vous n’êtes pas encore prêt à l’admettre… Intellectuellement vous comprenez ce que vous avez à faire.

Mais dans la vie de tous les jours, vous continuez encore à croire que votre psy se trompe, que bien sur vos parents seront un jour fier que vous ayez réussi professionnellement, ou que vous soyez amoureuse.

Que si ! La princesse charmante existe et va arriver sur son cheval blanc pour vous sauver, vous combler, combler tout vos désirs…

Tout ça, jusqu’au jour ou (après de multiples essais avec vos parents, après des déceptions amoureuses, et autres claques dans la figure) et bien vous savez !

Vous savez que vous entretenez vous-même votre propre malheur, en répétant sans cesse les mêmes conneries.

Vous savez qu’aucune princesse ne pourra jamais supporter une telle demande d’amour.

Vous savez que vous devez changer votre mode de fonctionnement, votre regard sur vous…

Et une autre étape du travail que vous faites pour avancer commence.

J’en suis là au jour où je vous parle. (Merci alexandra de m’avoir fait renoncer au mythe de la princesse charmante !)

J’ai enfin admis que j’étais la seule maîtresse de ma vie, et qu’au lieu de sans arrêt vouloir changer les autres (qui n’ont pas envie de changer) et bien je suis la seule à pouvoir changer, je suis la seule à pouvoir m’aimer assez fort pour ne plus avoir besoin de l’amour d’une tierce personne pour vivre.

Et contrairement à ce qu’on peut croire, il n’y a rien de plus difficile à accomplir que d’apprendre à s’aimer…

Aujourd’hui seulement, je découvre à la fois l’absolue nécessité d’avoir de l’estime pour moi et l’énorme difficulté de cette tâche.

Qu’est ce que ça veut dire ? Comment faire pour y parvenir ?

La réponse est simple, très simple, pourtant lourde de sens : vous devez devenir votre meilleure amie…

Dans mon cas, j’ai remarqué à de multiples reprises, et souvent dans les pires moments, que ma meilleure amie, Sabine, gardait toujours confiance en moi. Jamais elle ne doute de ma capacité à « réussir » ma vie, mes amours, mes projets. Elle reste indulgente envers moi, même lorsque je déraille, que je suis obligée de boire un verre de trop parce que j’ai mal et que je veux ne plus rien sentir, même lorsque j’exprime de la colère, de la tristesse ou de la jalousie.

Elle est heureuse lorsque je suis heureuse, ne me jalouse jamais, m’écoute lorsque j’ai besoin de me confier, m’éclaire sur mes zones d’ombres, me félicite de mes progrès lorsque j’en fais. Elle partage avec moi des bons moments, des moments plus tristes, elle est là quand je l’appelle au secours, elle est là lorsque je suis joyeuse…

Tout simplement elle me voit avec ses yeux aimant sans jugement, elle me rappelle quand je n’y crois plus toute la force de vie qui est en moi, me parle de l’étincelle qu’elle voit au fond de mes yeux, me complimente, me laisse pleurer sur son épaule, me serre fort quand c’est nécessaire…

Toutes ces choses magnifiques, et fortes, je les fais pour elle lorsque c’est elle qui en a besoin, ou envie… et j’ai pour elle le même regard d’amour, la même confiance, l’absolu certitude qu’elle est déjà très proche du bonheur absolu et qu’elle réussira à être chaque jour de plus en plus libre et heureuse.

Imaginez, comme je le fais, à quel point votre vie serait transformée si tout ce que vous êtes capables de faire pour votre meilleure amie, vous étiez capable de le faire pour vous-même, si vous aviez autant confiance en vous-même qu’en elle.

Imaginez avec quelle confiance vous affronteriez toutes les épreuves de la vie, avec quelle intensité vous pourriez vivre les choses, aimer les gens, aimer la vie, votre vie…

Il m’est impossible de faire le compte du nombre de fois (tellement elles sont nombreuses) ou je me juge de façon négative, ou je me fais passer au second plan, ou je ne m’autorise pas à dire ma joie ou ma souffrance, ou je m’efface, ou j’ai peur de déplaire, ou je suis tétanisée par la peur du jugement des autres, ou je n’ose pas parlé de ce que j’aime ou n’aime pas, ou je ne m’autorise pas à appeler quelqu’un que j’aime parce que j’ai peur de déranger, ou je n’arrive pas à lancer une invitation par peur de gêner, ou je me trouve trop imparfaite, trop grosse, trop petite, trop carrée.

Il m’est difficile de poser sur moi un regard autre qu’un regard négatif.

Il m’est difficile d’imaginer qu’un jour peut être (sûrement !) je me verrais avec des yeux remplis d’amour.

Un jour peut être, je me saurais imparfaite mais heureuse.

Un jour peut être je m’autoriserais à m’aimer.

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21 avril 2006

angoisse.........

Je ne suis pas en très grande forme, ma vie me semble un peu trop linéaire, et même si elle est plaisante à de nombreux moments, je sens que l’ennui est là parfois. Depuis la première séance d’hypnose, la sensation d’un plus grand calme intérieur persiste, il me semble qu’il y a eu une sorte de déclic, j’ai l’impression d’être plus en paix avec moi-même, j’ai arrêté ces monologues dans ma tête qui me prenait tant de temps et qui étaient là pour me pourrir la vie. Je n’arrivais quasiment pas à faire autrement qu’à rejouer des scènes, en général pas très agréable, qui me mettait forcément en colère soi contre quelqu’une, soi contre moi-même. Mais ce nouvel état me parait tellement inhabituel que je n’arrive pas encore à m’y faire. C’est très bizarre…

A la fois je suis plus sereine, et à la fois il me manque quelque chose.

Je me sens assez seule en fait, sans doute parce que je n’ai personne d’autre à soigner que moi-même, j’ai reconstruit cette petite armure autour de moi qui me permet de ne pas trop ressentir la douleur qu’engendre le célibat, la solitude. Je suis obligée de redresser les barrières qui me protègent de ma famille qui profite de mes moindres faiblesses pour essayer à nouveau de reprendre le contrôle sur moi, c’est très fatiguant tout ça.

Et puis il y a l’angoisse…

L’angoisse toujours présente quand je me rends compte qu’il y a un décalage entre ce que j’ai compris en psychanalyse sur mes comportements et sur ceux des humains qui m’entourent, et sur ce que je suis capable de faire dans la réalité.

Cette solitude , c’est une des premières choses dont j’ai parlé à mon psy actuel lors de notre premier entretien, je m’en rappelle comme si c’était hier, je lui avait dit « j’aimerais ne plus être seule, avoir mon téléphone qui sonne, sortir danser, avoir des amis etc etc », il m’avait dit à l’époque, vous savez, il y a énormément de gens qui sont très entourés mais qui somme toute sont très seul, et je comprends très bien aujourd’hui ce qu’il voulait dire. Je connais beaucoup de gens qui ont une vie très « comme il faut », qui sortent, qui bougent, mais  personnellement je ne voudrais pas vivre leur vie à leur place. Je sais très bien pourquoi, parce qu’ils sont, pour la plupart, exactement comme moi j’étais il y a cinq ans : aveugle.

Aveugle de leur ignorance, de la pauvreté de leur rapport avec les autres, de la misère de leur petite vie bien rangé, dans l’obéissance permanente au schéma traditionnel que l’on  nous a appris, ou dans le fantasme d’une vie qu’ils n’auront jamais.

Ça fait environ trois ans que je ne fréquente plus ce genre de personne, que j’ai fais le ménage dans mes relations passés parce qu’elles étaient pour moi aussi néfaste que mes relations avec ma famille.

Ça a été difficile au début, et très culpabilisant de lâcher tout ces mangeurs d’énergie, tout ces gens qui avaient une vie aussi vide que la mienne, mais qui profitait de la petite étincelle d’énergie vacillante qu’il y a toujours eu au fond de moi, bien caché pour ne pas trop déplaire à ma mère.

Ma mère : cette inconnue que j’ai mise à nue en psychanalyse… moi qui croyais avoir eu une mère aimante et protectrice, je me suis découverte une mère tyrannique et d’un égoïsme insoupçonnable. Une mère qui m’a dressé contre mon père, et accessoirement contre les hommes, une mère pour qui j’ai joué la femme de compagnie, la confidente, la bonne à tout faire. Une mère qui m’a regardé avec des regards de haine quand à 31 ans j’ai commencé à oser vouloir vivre ma propre vie, qui m’a reprocher de ne plus assez m’occuper de ma sœur ( qui soit dit en passant est mon aîné et à plus de 40 ans !). une mère qui m’a traité d’égoïste il y a peu de temps parce que je lui ai dit que je faisais une psychanalyse. Une mère encore qui il y a à peine une semaine, avait l’air étonné que mon choix sexuel soit définitif, et s’est étonnée quand j’ai répondu à sa question en disant que j’en étais définitivement sure et certaine. Une mère qui à oser me demander pourquoi j’étais comme ça, elle qui à toujours traité mon père de salop parce qu’il avait des maîtresses, et nous le disait alors que nous étions enfant et que nous n’aurions jamais du savoir ces choses d’adulte… elle nous a pris à partie pendant des années, pendant des années il a fallu supporter les disputes quand mon père rentrait tard…

Ma mère, qui ne pouvait parler des femmes un tant soi peu féminine qu’en les traitant de pute.

Ma mère dont j’avais honte parce qu’elle n’était jamais élégante, maquillée, parfumée, exactement le contraire des maîtresses de mon père…

Son pouvoir a été immense sur ma vie, à un point que pas grand monde ne peux imaginer, d’abord parce qu’à force de vouloir gagner son amour, j’ai fais preuve de mimétisme. Mon dieu, oui ! J’ai bien failli devenir comme elle : frigide, jugeante, sournoise, insipide. En plus j’ai fais cendrillon, ou scout ! Toujours prête à rendre service, à bricoler, en bref je me suis fait exploité psychologiquement mais matériellement aussi…

Imaginez ma « surprise » et mon désarroi quand à la quatrième séance mon psy m’a dit : «  oui je l’imagine bien votre mère, la mégère avec ses pantoufles et sa robe de chambre… pas étonnant que votre père est eu besoin d’aller respirer un peu d’air ailleurs… ». Quand il m’a dit ça je n’étais pas prête à l’entendre, je lui ai même dit « je ne vous autorise pas à parler de ma mère comme ça ». Résultat cinquième rendez vous annulé, coup de fil du psy pour savoir ce qui motivait mon annulation, et gros mensonge… et  deux ans avant de retourner le voir !

Heureusement, il m’avait ouvert les yeux, (sans doute beaucoup trop brutalement, mon allure de petite dure m’a joué un tour même avec lui, il avait lui aussi présumé de ce que j’étais capable de supporter et d’entendre…), et je n’en suis pas restée là.

Là aussi j’ai fais une belle rencontre avec une sophrologue à qui je dois énormément, c’est la première personne avec qui j’ai travaillé pendant un an, pendant un an chaque lundi, elle m’a fait lâcher des sanglots qui étaient profondément enfouis au fond de moi, des sanglots d’enfants qui étaient là depuis 30 ans et qui n’étaient jamais sortis. Pendant cette année, entre la sophrologue et m’a grande histoire d’amour dont je vous ai déjà parlé, j’ai redécouvert que j’avais un corps ! Que je n’étais pas seulement une tête pensante, mais bien (je ne dirais pas une femme) un être humain avec un corps qui vit, qui respire, qui désire, qui aime désirer. J’ai commencé à réaliser que je n’étais ni aussi moche, ni aussi indésirable, ni aussi « pas baisable » que ce que j’avais toujours cru…

La traversée du désert affectif était terminée…

Mais la quête ne faisait que commencer…

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19 avril 2006

culpabilté et incapacité aux plaisirs...

Revenons si vous le voulez bien sur cette notion de culpabilité et d’incapacité aux plaisirs…

A mon avis vous allez vite comprendre cette notion avec quelques exemples.

Imaginons que vous passiez un week end avec votre amoureux(se), à priori c’est quelque chose qui parait simple, vous êtes heureux d’être ensemble vous passez votre samedi à faire des choses que vous aimez, vous sortez au restaurant, vous enchaînez sur une sortie ou vous êtes merveilleusement bien. Vous faites l’amour en rentrant, vous dormez ensemble, vous vous réveillé à coté d’elle(ou de lui). Déjà, vous avez un peu plus de mal à avoir envie de faire l’amour ce matin, mais vous n’y prêtez pas trop attention, petit déjeuner ensemble, dans le meilleur des cas, si votre capacité à supporter le plaisir est assez grande vous arriverez à passer la journée tranquille, mais, si comme moi vous êtes un peu handicapé du plaisir au fur et à mesure que la journée va passer tout à coup vous commencez à être plus irrité, votre partenaire commence à vous agacer et vous allez tout à coup vous mettre par exemple à entamer une discussion sur un sujet que vous savez « sensible »…

Tiens mais pourquoi donc ? Tout simplement parce que tout à coup vous avez atteint le maximum de plaisir  que vous êtes capable de supporter et une légère ou plus importante engueulade va un peu rétablir l’équilibre !

Ou bien tout à coup, vous n’avez plus du tout envie d’aller là ou vous aviez prévu d’aller.

Ou bien tout à coup, votre amoureux(se) a envie de vous et vous sentez une immense fatigue vous envahir, vous êtes incapable de le faire, alors que dix minutes avant vous étiez en pleine forme…

Ou bien…, de toute façon… vous trouverez quelque chose !!!!

Mais pourquoi me direz vous… Quel intérêt ??

Eh bien nous y sommes !

Tout simplement par culpabilité.

Tout simplement parce que votre petit « surmoi » vous rappel à l’ordre ! vous ne vous autorisé tout simplement pas à être plus heureuse que votre sœur, ou votre mère, ou votre meilleure amie ou n’importe quel autre personne qu’on vous a appris « inconsciemment ou non » à protéger.

Vous doutez du bien fondé de mes arguments ? Alors vous êtes soit quelqu’un d’absolument pas névrosé, soit quelqu’un qui ne veut pas voir !

Mais après cette explication peut être que la prochaine fois, vous vous direz « mais bien sûr ! Elle avait raison… »

Quand en plus, on sait qu’on doit jongler entre notre propre culpabilité et celle de notre partenaire, qui forcément en général n’est pas en phase, parce que nous n’avons pas tout à fait tous les mêmes interdits, on comprends mieux pourquoi il est si difficile de construire une relation de couple harmonieuse et durable. Parce que selon l’état de manque dans lequel vous étiez au début de votre rencontre, parfois la culpabilité est un peu plus longue à se mettre en place.

Et puis au début d’une relation, il y a une notion de risque, qui régule notre culpabilité, il y a un risque de tout perdre, que la relation s’arrête.

On est dans la phase de séduction, notre appartement est dix fois mieux rangé que d’habitude, on passe des heures à se coiffer, se maquiller, on regarde quinze fois dans la glace si notre look est impeccable etc etc…

Là ou les choses se compliquent en général, c’est à la phase deux de la relation, quand vous commencez à être sûr de l’attachement de votre partenaire pour vous et réciproquement. Là, alors, l’interdit est très fort ! Non seulement vous risquez d’être amoureux(se) mais en plus vous commencez à vous projeter dans l’avenir, à faire des projets, à parler bébé, vie commune, etc etc...

Là votre inconscient lui va commencer à vous faire faire des conneries, vous essayerez de mettre en péril votre relation.

Si vous êtes comme moi, vous allez commencer à être jalouse, à reprocher à l’autre d’être trop occupé par sa vie en dehors du couple, à demander plus ! Plus d’attention, plus de câlins, plus de « je t’aime »…

Si vous êtes comme les filles avec qui j’ai eu des relations (qui se sont toujours soldées par une rupture), votre coté indépendante va atteindre son maximum, tout à coup, vous avez envie de respirer plus d’air, vous vous sentez étouffé, vous n’avez plus de désir pour votre partenaire, plus il vous demande de lui dire je t’aime et plus vous doutez que vous l’aimé vraiment. Le simple fait que votre partenaire évoque les projets que vous aviez fait ensemble (au début) vous donne la nausée et une envie irrépressible de fuir à toute vitesse…

Plus vous êtes comme ça et plus votre partenaire s’inquiète, plus il vous en demande et plus il vous irrite !

C’est le serpent qui se mord la queue !

En demandant plus à ma partenaire, j’attends d’être rassurée sur l’amour qu’elle à pour moi, plus je lui demande de me rassurer, plus elle a la pression et moins elle me rassure, moins elle me rassure plus je me sent mal et je déploie tout mes charmes pour la reconquérir, plus je l’agace etc etc…

En bref, ça devient insupportable pour les deux.

Il s’en suit une rupture salvatrice, là plus aucun interdit à surmonter, on ne peut plus rien faire de défendu puisque l’autre n’est plus là. Et étonnement malgré la peine et la frustration, on va mieux.. On est moins angoissé, on ne croque plus dans aucun fruit défendu…

Le pire dans tout cela, c’est que plus la relation est « possible » et plaisante, plus vous allez trouver milles raisons de la faire foirer.

Pourquoi tout ces efforts ? parce que le pire des interdits est le plaisir dans l’amour.

PS : je ne donne aucune leçon à personne, je vous fais simplement part de ce que j'ai compris, mais que malheureusement je n'arrive pas toujours à mettre en pratique. Je n'ai aucune prétention, vraiment...

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18 avril 2006

repost :tout ce que je n'ai pas eu le temps de te dire

Et tout ce que je ne savais pas encore....

ce texte je l'ai écrit il y a deux ans, à la femme qui m'a donné envie de vivre, celle dont je vous ai parlé dans mon premier post. C'était une lettre d'adieu, après un an de deuil de notre séparation. Cette lettre je ne lui ai jamais envoyé mais chaque fois que je la relis je me rends compte à la fois de l'amour que j'ai encore pour elle, du chemin quand même que j'ai parcouru depuis...

Depuis j'ai aimé à nouveau, un amour moins passionnel mais justement plus "vivable". Un an après, alors que je ne croyais plus jamais pouvoir aimer. J'ai aimé quelqu'une d'autre, mais différement.

Le résultat est à nouveau le même, séparation après un an. Un an pendant lequel on a parlé de vie commune, de bébé, de projet d'avenir, et puis... du jour au lendemain, séparation, déchirure, pourquoi?

même type de femme, ( à quelque chose près), même réaction de dépendance de ma part ( en moins pire quand même), même symptôme chez A., même frustration chez moi de ne pas être assez rassurée...

je vous laisse partager tout ces mots, ça me fait plaisir

Sur l'Amour.....

Avant toi, je ne savais pas ce que signifiait Aimer.

Jamais je n'aurais pu imaginer que l'on puisse aimer une personne aussi fort...

Je n'avais aucune idée du plaisir que procure la tendresse, la douceur, la chaleur humaine. Et je n'imaginais pas qu'on puisse avoir autant envie de donner, de partager et de recevoir.

Malheureusement, je n'avais pas encore compris, que l'on peut trop prendre, trop demander, trop aimer, trop donner....

Je ne savais pas que  trop de trop  provoque la Peur et la Fuite...

Je n'avais pas compris que personne ne pourrait jamais combler l'absence d'amour de mes parents.

Je n'avais pas encore compris que le plaisir d'aimer et d'être aimé est un des plus gros  interdit...

Combien de fois avons-nous gâché des moments qui auraient du être des moments de bonheur, pour des bêtises, chacune à notre façon. Moi en étant désagréable, agressive, jalouse. Toi en étant fatiguée, soucieuse et préoccupée.

Comment avons-nous pu être aussi crédule, aussi idiote de ne pas voir que c'était notre façon à nous de ne pas être « trop » heureuse...

Tu as cru que c'était compliqué parce que nous étions deux femmes...

Je pense que c'était compliqué parce qu'on s'aimait vraiment...

Et que toi et moi, nous n'étions pas prête à autant de plaisir et d'amour...

Sur la colère....

De cette partie de moi je ne suis pas fière. Mais cette colère est celle de mon enfant intérieur, celui qui n'a jamais été aimé pour ce qu'il osait être, celui qui a manqué d'affection, de chaleur, de protection...

Je sais aujourd'hui, que cette colère fait partie de moi, et qu'elle est celle grâce à laquelle je ne me suis pas laissée mourir petite, ou grâce a laquelle je ne suis pas devenue folle.

J'ai compris par contre, qu'il est facile de se mettre en colère, mais difficile de le faire contre la bonne personne, au bon moment, et pour une bonne raison...

Et même si les regrets, les remords ne servent à rien, si ce n'est à attiser ma souffrance. Je regrette, je te demande pardon pour toutes ces choses horribles que je t'ai dites, et qui allaient bien au-delà de mes pensées profondes et sincères.

Il me reste encore beaucoup de colère. D'abord contre moi, d'être devenue aussi dépendante de ton amour, de ne pas avoir grandi assez vite pour préserver notre belle histoire, de t'avoir autant mis la pression, et d'avoir voulu te changer contre ton gré. Ensuite contre toi, de ne pas avoir voulu combattre tes peurs, ni même les reconnaître, d'avoir baissé les bras...

Combien de fois je me suis rappelée ce que m'avait dis C. quand elle m'avait tiré les cartes « elle t'aime, c'est dingue comme elle t'aime...vous êtes pas prêtes de vous séparer ».

Et combien j'ai regretté qu'elle se soit trompée...

J'ai mis dans ton silence, toutes mes peurs, tous mes doutes.

Je ne sais plus aujourd'hui ce que je dois en penser...

Peut être que ce silence, notre séparation, sont les plus grandes preuves d'amour que tu pouvais me donner... Le silence pour que je t'oublie, que je passe à autre chose, que je ne t'attende pas puisque tu as eu la certitude que tu ne pourrais pas vivre plus avec moi...

Peut être que ce silence est la preuve que tu ne m'aimais plus, ou qu'aujourd'hui tu me hais à cause des horreurs que je t'ai dit.

C'est une énorme souffrance de ne pas savoir qu'elles ont été tes motivations, de ne pas savoir ce que tu ressens, ce que tu vis, ce que tu as dit à E.  (sa fille)

De ne pas savoir si elle te parle de moi, si elle pense encore à moi, parfois.

Mais ce serait une énorme souffrance de savoir que tu vis autre chose avec quelqu'un d'autre.

Difficile dilemme...

Difficile d'aimer quelqu'un qui ne veux pas.

Difficile d'oublier quelqu'un qu'on a tant aimé.

Difficile d'aimer quelqu'un d'autre puisque je t'aime encore.

Difficile de te dire tout ce que j'ai envie sans avoir encore l'air de vouloir faire la psy.


Quand ça va mal :

« Je n'ai plus devant moi que le néant. Et il faut que je me débrouille avec ça. Plus de destin. Juste un enchaînement de petits faits qui n'ont d'autres sens que celui qu'on veut bien leur donner. Une vie machinale, sans objet. La vie de tout le monde. » R. Carver

« Au bout du compte, toute chose finit dans le ridicule, ou du moins dans le pitoyable, si grande et importante qu'elle puisse être... » T. Bernhard

Quand ça va bien :

«  Qu'est ce que le bonheur sinon le simple accord entre un être et l'existence qu'il mène ? » A. Camus

« Il est une chose merveilleuse : sur la plus aride des terres pousse toujours quelque chose que l'on peut cueillir et arroser de nos expériences, pour en faire une fleur plus belle, une nouvelle fleur dans ce jardin si vaste et coloré que constitue NOTRE vie, et notre volonté d'en faire un chemin respectable et surtout respectueux...c'est dans la perpétuelle remise en question de l'être humain que se trouve sa foi, et non en quelque Dieu rassurant sur lequel on peut se décharger de certaines pensées trop lourdes à porter, ou d'une lâcheté à refuser de vivre la vie à travers ses bons et ses mauvais moments, que l'on est les seuls à pouvoir cultiver ou combattre...
Petit mot sur une réalité cynique : La plupart des gens donnent une définition de l'égocentrisme qui, non sans dire qu'elle n'est pas bonne, est au moins incomplète : l'égocentrisme peut être de ne pas donner, il peut être aussi de trop donner...

c'est un paradoxe : on veut tout donner à l'autre parce qu'on ne pense qu'à soi...ou du moins à ce qu'on voudrait voir se réfléchir dans les yeux de l'autre...
La vie prend un autre tournant le jour où l'on réalise que l'on considère beaucoup de choses à l'envers...tout simplement parce que chacun de nous cache une force et une richesse propre ; et que ce n'est pas à travers les autres que l'on enrichit cela, mais bien parce que l'on est conscient de notre unicité innée et acquise, et que l'on a conscience de notre chemin de vie, de ce qu'on voudrait en faire, des routes que l'on prend, consciemment ou moins, l'inconscience voulant dire tellement de choses à la fois, pouvant être si riche et à la fois si traître...
Malgré tout c'est en suivant ses passions et ses envies, et non en voulant à tout prix assouvir celles des autres, que ces mêmes autres emprunteront sans réfléchir vos pas, mués par une espèce d'aura que vous dégagez, de par ce trésor que vous portez : nous ne sommes pas sur terre pour vivre, mais bien pour exister...et cela ne commence pas par les autres, mais par vous mêmes...
La vie n'est pas un chemin de croix, une espèce de pénitence où notre but serait de rendre l'autre heureux au delà de ses espérances, pour un espèce de sentiment de complétude à avoir su enrichir la vie de l'autre...
Il faut apprendre à s'aimer soi avant d'aimer quelqu'un ; ce chemin étant long et douloureux parfois, mais tellement magnifique quand au détour d'un chemin que l'on a pris sans trop savoir pourquoi, mais en se laissant aller, on tombe sur une clé, là, qui ouvrira encore une porte sur notre inconscient, une clé qui permettra de mieux nous comprendre et surtout, de croire en ce que l'on est, et ce à quoi on aspire...
C'est ainsi que l'on trouvera la sérénité, et surtout, c'est ainsi que quelqu'un, un jour, saura sentir votre force, et non votre besoin ; c'est ainsi que vous enrichirez votre vie, et que vous en illuminerez d'autres...
»

Sur le regret...

Sur ton silence...

Mon principal regret est que l'on ne ce soit pas quitté parce qu'on ne s'aimait plus, mais seulement parce que nous étions deux femmes, et que tu ne pouvais pas l'assumer. J'ai cru que enfin nous avions le droit d'être heureuse, d'être nous-même, ensemble.

J'ai cru que tu arriverais à vivre enfin pour toi, et surtout pour nous.

J'ai vraiment cru à un moment que j'avais atteins mon but ultime... aimer, être aimée, avoir des amies, une vraie famille que j'avais choisi.

Mais la vie ne fait pas de cadeau, elle donne, puis elle reprend. Peut être pour me montrer la voie, peut être pour me punir encore. Je ne sais plus trop bien parfois...

Rien ne sera plus jamais pareil...

Je ne serais plus jamais pareille, tout simplement parce que je n'ai pas eu le choix. Soit j'avançais, soit je me laissais mourir de chagrin.

J'ai préféré continuer à progresser sur le chemin de la liberté, que j'ai découvert avec et  grâce à toi, mais sur lequel je marche maintenant avec beaucoup plus d'aisance, beaucoup plus de courage. Et je n'ai pas peur de regarder en face mes propres peurs, mes propres empêchements. Au bout du compte je me rends compte que je n'étais pas prête moi non plus à vivre une histoire d'amour ou tout aurait été possible, j'ai mes propres limites au plaisir. Mais je m'entraîne (comme pour le parachutisme dirait S.(mon psy) ) et un jour je n'aurais plus peur ni d'aimer, ni d'être aimée. Je n'aurais plus peur d'être abandonnée et surtout j'aurais la certitude de savoir qui je suis et ce que je veux. J'aurais la certitude que chacune de mes actions est le résultat de mon propre désir et non pas une obéissance à un schéma quelconque imposé par qui que ce soit.

Ma vie finira par ressembler à celle dont j'ai toujours rêvée.

Il ne manquera que toi dans ce tableau du bonheur parfait. Mais quand je dis toi, je pense à celle que j'ai entre aperçu dans l'intimité, celle qui ne refoule pas ces désirs d'accomplissement personnel.

C'est un manque immense...

J'avais besoin et envie de te dire encore tout ça...

J'espère que tu ne m'oublieras jamais... comme je ne pourrais jamais t'oublier.

Oui, sur moi...

Tant de choses à dire, et si peu à la fois.

Mon dieu, tu peux pas imaginer comme parfois le doute m'envahie, même si je sais, que le chemin que j'ai choisis de suivre est le bon. Le seul qui puisse me mener vers une vie libre et heureuse.

Mais comme c'est dur aussi parfois de se dire qu'on ne compte pour personne, enfin je veux dire sur personne qui ne m'aime d'amour.

Je suis là, à me battre, chaque jour, pour admettre que S. à raison, que la princesse charmante n'existe pas, qu'une histoire d'amour ne dure jamais toute une vie, que l'on aime pas qu'une seule fois dans la vie. Il me martèle ça à chaque séance quasiment, et pour moi c'est tellement dur à admettre que c'est une vraie lutte...

Parce que chaque jour, c'est toi qui me manques, c'est E. qui me manque.

Je ne peux pas dire que je n'essaye pas d'oublier, en tout cas de vivre avec le manque que me laisse cette séparation. Mais c'est un tel vide que parfois je perds courage.

J'ai été obligée de faire beaucoup de choses pour m'en sortir, je sors à Lyon, j'ai rencontré plus de gens en 10 mois que je n'en avais jamais rencontré en une vie. Mais tu vois je pense a une chanson, il me manque toi « mon alter ego ».

Je n'arrive pas à croire que je vais aimer quelqu'un d'autre aussi fort que je t'ai aimé toi. Je me demande même si parfois je ne me l'interdis pas.

Je n'ai pas envie d'oublier ce que j'ai vécu avec toi. Je n'ai pas envie d'oublier toutes ces sensations magiques que j'ai connue avec toi, ce bien être immense, cette plénitude même dans nos silences, notre premier baisé...

Je voudrais juste oublier les erreurs qu'on a fait, parce qu'on en a fait. Comme si on ne c'était pas donné les moyens de vivre vraiment notre  histoire. Nous en sommes coupables toutes les deux, nous n'avons même pas essayé de nous faciliter la tache... Pourtant ce n'était pas aussi compliqué. On aurait du essayer de fréquenter le milieu homo de Lyon, sortir à Lyon, prendre des bouffées d'oxygène dans les lieux où on pouvait le faire. Rencontré d'autres homos, pour se rendre compte à quel point ça peux être naturel et vivable. Au lieu de ça, nous nous sommes enfermées, derrière tes rideaux toujours tirés, derrière nos peurs, derrière notre ignorance. On a été nulles, on ne s'est pas donné les chances de réussir.

Moi je regrette tout ça aujourd'hui. Toi tu dois te sentir bien soulagé d'être redevenue « normale ».

Le problème, c'est qu'aujourd'hui tout est différent, j'aime S., j'ai un peu renoué avec M. et T.(mes amies), mais entre nous, il y a toi.

C'est peut être plus léger avec toi, si tu es moins marqué que moi par notre séparation. Mais pour moi, c'est (un tout petit peu moins aujourd'hui) difficile de les voir et de savoir qu'elles savent ce que tu vis. J'ai l'impression qu'on ne peux pas être de vraies amies si il y a des non dits.

Tu sais ma N.( l'amour de ma vie), je t'ai dis des horreurs, mais dans mon cœur, tu restes la personne que j'ai le plus aimé au monde, que j'aime encore terriblement. Tu resteras toujours celle qui m'a donné le goût de vivre et de croire en une vie meilleure. Tu resteras toujours mon premier amour, l'amour de ma vie, mon rayon de soleil à moi...

Peu importe que tu le refuses, ça tu ne peux pas me l'interdire.

Tu peux rester silencieuse, faire en sorte de ne plus fréquenter les mêmes endroits pour que je ne te croise pas, mais ma mémoire, mes sentiments, ça tu ne pourras jamais avoir aucun pouvoir dessus.

Je ferais peut être comme tous ces couples, ces milliers de couples, je trouverais peut être quelqu'un avec qui vivre une histoire, peut être même que je réaliserais une partie de mes rêves. Mais je crois qu'au fond de moi, toi tu seras toujours là, tout près, dans mon cœur. E restera la petite fille qui m'a donné envie d'être maman... Mais vous ne serez plus là... Et il faudra bien que je vive avec...

 

Sur moi...

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15 avril 2006

Tout ce que je n’ai pas eu le temps de te dire….

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13 avril 2006

culpabilité et incapacité aux plaisirs...

«  Ne regarde ni en avant ni en arrière, regarde en toi-même, sans peur ni regret. Nul ne descend en soi tant qu’il demeure esclave du passé ou de l’avenir » E. M. Cioran

Difficile est le chemin de la Connaissance de soi. Parce qu’il faut accepter de se voir « en entier » avec ses qualités et ses défauts, ses richesses et ses faiblesses, sans faux-semblant, sans culpabilité et sans remords.

Pas toujours évident d’accepter, sans honte, des comportements, parfois, excessifs… Comme la haine, la colère, La jalousie. Comme l’indifférence, le mépris, la perte du désir. Comme la peur, la honte. Comme la dépendance affective, le besoin d’amour, de reconnaissance. Comme la tristesse, ou l’angoisse.

Tellement plus simple d’être si peu soi même, de ne pas se faire remarquer, d’obéir, de ne plus rien sentir, de dormir, ou de mourir.

Tellement plus simple oui, pour celui qui ne sait pas, qui n’a jamais osé regarder ses problèmes en face, ou qui ne veut pas voir…

Impossible, pour celui qui a commencé à réaliser l’ampleur du désastre, la manipulation dont il a été victime et acteur, de continuer à faire semblant, à faire comme si… En tout cas, moi je n’ai plus jamais pu faire route arrière.

Le but ultime de tout travail en thérapie, c’est le bonheur.

Le bonheur de s’aimer soi même, et d’aimer quelqu’un d’autre.

C’est le bonheur de pouvoir vivre l’amour sans peur ni culpabilité, sans être frustrée ni frustrante.

C’est le bonheur d’avoir su trouver l’équilibre entre ce qui est bon pour soi et ce qui est bon pour les autres.

C’est le bonheur de savoir dire non, et de savoir entendre non.

C’est le bonheur de s’autoriser à être heureuse, à être soi même, sans avoir jamais besoin de limiter le plaisir.

C’est le bonheur d’assumer ses choix, ses préférences sans en avoir honte.

C’est le bonheur de s’autoriser à « ressentir » toutes les émotions avec la plus grande intensité.

C’est la joie de ce savoir en mouvement perpétuel, de ne refuser ni les moments de repli sur soi (absolument indispensable pour ressentir et intégrer autant les joies que les peines), ni les moments où on sent que l’on avance, qu’on franchit une étape vers une meilleure compréhension de soi, ni les moments où on régresse, où on s’apperçoit eh bien que oui, au bout du compte on a refait la même erreur, on a reproduit le même schéma. Même scénario, autres acteurs, en l’occurrence plus souvent des actrices en ce qui me concerne.

Aussi incroyable que cela puisse paraître au gens qui ne se sont jamais posé de questions, le but ultime de tout ce travail, long et fastidieux souvent, c’est tout simplement de devenir un adulte..

Ça paraît tellement simple, être adulte ! n’est ce pas ?

Pourtant, regardez autour de vous, dans votre entourage…

Alors ? Vous en voyez beaucoup ?

Réfléchissez ?!

Moi j’en connais peu, pour celui qui a apprit à « voir », et moi c’est mon psy qui m’aide à « voir », tous nos comportements sont régis par la culpabilité et notre incapacité aux plaisirs……

Je vous laisse réfléchir et on en reparle bientôt ?!

Posté par rafaelem à 15:46 - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

12 avril 2006

Si petit, et si mignon...

Le visage d'une mère est pour l'enfant son premier livre d'images.

Louise Amour, Christian Bobin

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Posté par rafaelem à 11:03 - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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