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Le bonheur se résume t’il à ce que je vis au présent ? le jardin devant moi, les seuls bruits qui me parviennent, le chant des oiseaux, les abeilles dans la glycine en fleur, le coucou qui accompagne mes soirées depuis quelques semaines. Ma cigarette dans une main, ma bière fraîche posée devant moi… le calme…

Quelle sagesse j’aurais acquise si je savais me contenter de tout cela…

Débranche raf !

Débranche les (courts) circuits qui parasitent tes perceptions, qui te brouillent le regard.

Le bonheur ce n’est rien d’autre que ça. C’est la somme de toutes les petites choses qui te sont agréables (« les petits plaisirs » GB), qui te permettent de te regarder en face chaque matin dans le miroir sans te juger, sans t’apitoyer sur ton sort…

Malheureusement, je ne sais pas faire.

Je viens de reprendre la lecture d’un livre que je n’avais pas terminé la fois précédente (lâcher prise de guy finley) pour cause d’emménagement qui n'en finit pas de durer. C’est la seule chose que j’avais à me mettre sous la dent !

J’aurais mieux fait de me casser une jambe !

Soit je suis imperméable à la spiritualité, soit je suis trop bête, soit c’est un ramassis d’évidence, d’énoncé soit disant philosophique de la vie auquel je n’ai pas adhéré.

Tous ces préceptes me paraissent tellement simplistes !

Il suffirait de vouloir être heureux pour l’être !

Comme si c’était aussi simple que ça !

Comme si il suffisait de souffler sur la souffrance pour la faire passer !

Sérieusement, je ne suis pas thérapeute, seulement en analyse, mais ce serait faire fie de notre inconscient, de notre éducation réductrice, de nos souffrances, du refoulement et ainsi de suite.

Comment serait ce possible de croire que le simple fait de penser qu’on est heureux nous rend heureux ?!

C’est comme si lorsque j’ai faim, il me suffisait de regarder une photo de « cuisines et vins de France » pour être rassasiée !

C’est de la supercherie, du charlatanisme…

A moi toute seule, pour avancer, j’ai fais de la sophrologie, de la psychanalyse, de la bio-énergie, de la kinésiologie, de la reprogrammation cellulaire, je suis même allée voir une astrologue (qui soit dit en passant m’a parlé de ma mère comme si elle la connaissait).

Toutes ces méthodes, qui peuvent paraître insolite à certains, n’ont fait que me répèter les mêmes informations (j’ai moi-même du mal à le croire !).

En bref, chacune de mes cellules renferment la même somme d’information, choc intra utérin, souffrance pendant la petite enfance, voir maltraitance…

Mon corps a gardé ces informations dont je ne me souvenais pas moi-même (refoulement  pour survivre) mais dont je porte les traces dans mon existence depuis 37 ans. Et il me suffirait de me dire que je suis heureuse et libre pour le devenir ???!!

Non, je ne le crois pas.

Je peux continuer à me battre, continuer à croire qu’un jour je saurais vivre en paix, tout en ayant été mal aimé pendant mon enfance, parce que je me serais souvenue. Que j’aurais réalisé et admis que je n’ai plus de raison d’avoir peur aujourd’hui parce que je suis adulte (quoi que…) et que je suis apte à subvenir toute seule à mes besoins autant matériels qu’affectifs.

Mais je ne peux pas me mentir à moi-même.

Tant qu’on ne se libère pas de ces démons intérieurs, on ne peut tout simplement pas lâcher prise !

On ne désapprends pas en une seconde (le temps de dire je suis heureuse) 30 ans d’abnégation, de « cendrillonisme », 30 ans de vie au service des autres plutôt qu’à soi même.

J’y arriverais, mais à force de courage et de volonté, mais certainement pas en croyant qu’il existe une méthode miracle qui résoudra mes problèmes d’un coup de baguette magique, ou de phrase magique.

Si vous m’avez lu jusque là, vous avez du remarquer que ça m’a mis en colère.

Ayant toujours un œil derrière la tête, je me dis, soit ça à toucher une corde sensible, soit tu es en colère parce que c’est affligeant de faire croire aux mondes que c’est facile de changer (et soit dit en passant d’avoir dépenser la modique somme de 16 € parce que je n’ai pas envoyé mon coupon réponse à temps !!! pour lire ce truc !)

Il y a sans doute un peu des deux. Il est difficile d’admettre qu’on est son propre bourreau, victime de nos propres perceptions des choses, même si au bout d’un certain temps on est bien obligée de le reconnaître.

Pourtant au bout de 1200 prozac, 2000 xanax, 500 noctamyd, je sais qu’il ne suffit pas de savoir pour accepter le changement !

Ce que je sais avec certitude, c’est que j’ai eu de la chance. La chance de me réveiller un jour et de me rendre compte que je passais à côté de ma vie.

Quelques soit les épreuves, les nuits blanches, les angoisses, les larmes, que ça a provoqué, ça en valait la peine.

Parce que le bonheur, si je fais abstraction de ce qu’on m’a appris dessus (un mari, des enfants, une maison, un chien et un poisson rouge !...), je ne sais pas encore ce à quoi il ressemble. Mais je sais avec certitude qu’il est au bout du tunnel….

PS : Et Mr finley, ce n’est pas parce que je me projette que je suis malheureuse à mes heures, mais bien parce que j’ai souffert.