"Je te lance une petite piste de réflexion (cependant tu dois encore prendre du repos) et je ne sais à quoi elle te mènera.  Voici:   à la lecture de tes écrits je constate que avant de te décrire comme une personne tu te décris comme étant une lesbienne.   Je ne peux expliquer pourquoi j'accroche sur ce point.  Pour moi tous et toutes sont d'abord des personnes et ensuite  ils ont une orientation sexuelle.  Est-ce seulement une  vision que l'on peut lire à travers ton écriture ou est-ce que les gens que tu retrouves dans la vraie vie ont la même sensation.  Je sais que ta vie tourne autour de cette orientation en ce moment mais ne peut-on pas comparer cela avec le jeune couple qui cherche à enfanter si fortement qu'il ne réussit pas à cause du stress.  Lorsqu'il lâche prise, le bébé arrive."

  Je commencerais ma réponse en disant que cette impression viens sans aucun doute que mes écrits parlent principalement de ce qui me pose problème dans ma vie, ces derniers temps, et à bien y penser depuis toujours, le domaine affectif.

Étant (actuellement ?) plus attirée par les femmes que par les hommes, c’est vrai que je parle de ce nouveau monde, que je ne fréquente pas depuis si longtemps, seulement 4 ans, et que je découvre.

Je ne me revendique pas « lesbienne »,  et les problèmes de couples que j’ai rencontré je sais tout à fait que j’aurais eu à mis frotter de la même façon quelque soit mon ou ma partenaire.

Ce qui me parait, plus difficile, c’est à la fois de devoir régler mes comportements amoureux excessifs, tout en assumant mon choix sexuel.

Je ne sais pas si je suis très claire. Je ne m’épanouie pas dans une relation affective avec un homme, et actuellement, ce que je vois chaque semaine dans le bar gay que je fréquente, ne me permet pas, ni de m’identifier, ni de rêver, sur une relation affective avec une femme.

Je sais, je reconnais mon ambiguïté, qui est de toute façon liée aux sacs de nœuds qu’est mon passé et que je n’ai pas encore résolue.

La seule chose dont je suis sure c’est qu’aussi loin que je me souvienne j’ai toujours été attirée par les filles, dans mes souvenirs ma première amoureuse était ma voisine de classe en CM2… mais je sais aussi que quand j’étais petite, j’étais ce qu’on appelle un garçon manqué à la fête de l’école je n’étais pas en robe, mais j’étais le garçon manquant, (et en plus le cavalier de cette fameuse fille ;)), déjà à l’école primaire je ne voulais pas porter de jupe (suite à une seule expérience qui m’avait valu un relevé de jupe dans la cour !).

Un peu plus sérieusement, j’ai appris ces dernières années que ma mère ne m’avait pas désiré, et j’ai vécu toute mon enfance dans l’ombre de mon frère, qui était largement préféré par mes parents (quoiqu’ils en disent encore aujourd’hui). J’ai donc développé tout un tas de qualité masculine, tout simplement en espérant, un jour obtenir ce que je n’aurais jamais, l’amour et l’attention de mes parents…

C’est terrible mais en y réfléchissant, je ne peux pas me qualifier ni de femme, ni d’homme. Jusqu’à il n’y a pas si longtemps, je me serais qualifié d’asexué, parce qu’en plus de ne pas vraiment être ni féminine, ni masculine, je n’avais pas de sexualité… (C’est très intime quand même tout ça, je ne sais pas si je vais le publier….)

C’est pour ça que j’ai parlé dans un post précèdent  de ma difficulté à rencontrer quelqu’un, parce que ces filles que je croise et qui sont tel que je me décris plus haut, me donne des hauts le cœur. Elles sont le reflet de mon ambiguïté, et de tout ce que je déteste en moi… bien, que je pense que le chemin que j’ai parcouru en thérapie mais permis de mieux me positionner par rapport à mon image, puisque je suis moins asexuée qu’avant dans ma façon de m’habiller, finit les tailles de t-shirt xxl qui cachent ma poitrine….. Et que je m’autorise à dire que j’ai des traits de caractère très féminin.

La fille dont je suis tombée amoureuse, il y a 7 ans, et avec qui j’ai vécu une histoire d’amour très très forte était une femme, maman d’une petite fille, elle était très féminine, très belle, très douce, très ouverte (trop ouverte à se faire bouffer par son entourage), très « j’ai cent numéro dans mon répertoire téléphonique » en fait très tout ce que je n’étais pas moi. Nous avons vécu, une vraie belle histoire d’amour chaotique, préparé ni l’une ni l’autre à vivre quelque chose d’aussi intense et inattendu. Cette rencontre nous aura fait grandir toutes les deux, j’ai appris d’elle des tas de chose qui m’était inconnu, l’élégance, le bon goût, le plaisir de prendre soin de soi, le plaisir charnel, la joie, la bonne humeur, la difficulté et le bonheur d’être maman, la patience, la gentillesse, l’humilité, le partage, la simplicité, elle a apprit de moi la force, la possibilité de ne pas dépendre d’une tierce personne, l’autonomie professionnelle, a reconnaître les gens néfastes (bouffeurs d’énergie), la volonté, la persévérance.

Nous avons appris en même temps toutes les deux ce que voulait dire être aimé et respecté.

Nous n’avons pas réussit à tout concilier, et le fait de me cacher était devenu trop insupportable, je voulais pouvoir chanter mon amour sur tout les toits, elle voulait protéger sa petite fille… nous nous sommes séparées…

C’est cette femme là que je recherche dans toutes les autres (les empêchements en moins, et le cordon ombilical avec sa famille rompu).

C’est la femme que je cherche dans sa complémentarité. Dans toutes ses qualités décrites plus hauts que j’aime tant.

Peut être est ce tout simplement parce que je n’ai pas encore assez avancé dans mon travail sur moi. Peut être que si je m’aime, je n’aurais plus besoin d’une femme aussi femme, je ne sais pas… Peut être que simplement je ne rechercherais plus dans ma partenaire, les qualités d’une maman…C’est compliqué…

Pour tout ce qui n’est pas lié à l’affectif, là je peux dire que je suis une personne qui à du caractère, je sais parfaitement bien ce que je veux faire de ma vie au niveau professionnel (je suis gérante de ma société depuis plus de deux ans), je viens de réaliser un de mes rêves en achetant ma maison avec mon jardin, je suis capable de dire ce que j’aime, comme la cuisine, la lecture, le cinéma, la musique, la nature et la bière et ce que je n’aime pas, la foule, le bruit, les tyrans, et le whisky !

Mais ça, comme tu me le disais si bien, ça intéresse qui ?