couple_sur_canape

Je me rappelle d’une soirée passée avec mes amies, il y a plus d’un an, à une période ou moi j’étais en plein chagrin d’amour, ou elles parlaient de la difficulté de vivre à deux…

Toutes deux avaient déjà eu d’autre expérience de vie commune, et toutes deux avaient eu des échecs cuisant. Moi, je me sentais en complet décalage, d’abord je venais de perdre la femme de ma vie (c’est ce que je croyais à l’époque) et je n’avais jamais eu de relation longue me permettant de vivre à deux…

Pour moi, la vie à deux était comme un rêve, un choix romantique, un aboutissement, normal puisque je croyais encore au conte de fée et aux princesses charmantes !

Pour elle, c’était finalement plutôt quelque chose de difficile à gérer, entraînant beaucoup d’angoisse, et une consommation accrue de Xanax !

A ce moment là, M cherchait une maison a acheter avec son ami, après moult débat et discussions ils avaient réussi a définir ensemble un aménagement de maison qui conviendrait à leur desiderata. Pas facile ! d’ailleurs 3 ans après ils sont toujours locataires !

Cette maison devait donc avoir, deux cuisines, trois chambres, une pièce commune, une pièce personnel chacun, etc etc… en bref deux appartements privés reliés par un espace commun !

A mes yeux, il ne manquait presque qu’une pointeuse pour ne pas dépasser le temps passé ensemble défini à l’avance !!!  (euhhhh, un petite précision, M et moi avons le même psy !!!!)

Ça me paraissait un peu monstrueux comme idée, en tout cas c’était trop !!!

Depuis, ils vivent ensemble dans une maison « normale », mais au début, je ne sais pas ce qu’il en est aujourd’hui, ils avaient une règle un peu bizarre, le jeudi soir ils ne dormaient pas ensemble, M dors sur le canapé de son bureau et D dort dans la chambre d’ami… C’est comme ça ! ils créaient un soir de décompression…

Cette idée un peu saugrenue, me choque un peu moins aujourd’hui.

Pourquoi ? parce que je vis un début d’expérience de vie commune, et que j’en vois les limites, bien que ce soit extrêmement agréable.

N et moi, nous passons beaucoup de temps ensemble, sans interruptions, lorsqu’elle vient à la maison, elle reste une semaine, dix jours, voir 15 jours. Ma maison étant petite (65 m2) et conçue comme une maison de célibataire, (j’ai enlevé toutes les portes !) il n’y a absolument aucun moyen d’avoir un endroit ou s’isoler, ou un endroit à soi juste à soi. Impossible par exemple de ne pas entendre la musique si elle en écoute, la Tv si une de nous deux la regarde, la lumière si une des deux veut lire jusque tard dans la nuit.

Ce qui finalement fait qu’en général nous sommes obligées de trouver un consensus sur l’activité en cours, et donc nous faisons quasiment tout ensemble, à deux.

Souvent, ça ne me pose aucun problème, mais parfois oui, c’est difficile.

Bien que nous ayons énormément de goût commun, il y a des choses que j’aime faire et qu’elle ne fera jamais, par exemple j’aime les jeux vidéo sur pc, surtout en hiver, elle aime écouter la radio moi ça m’insupporte ( ma mère était sans arrêt avec son poste radio partout ou elle allait, même jusqu’au fond du jardin…), et j’ai donc parfois le sentiment d’être frustrée, voir obligée de m’adapter à ses goûts et à ses choix. (sans doute a t’elle la même impression !?)

Ça créer une tension interne, et c’est à ce moment là que je prend peur.

J’ai peur de retomber dans le piège de l’adaptation à l’autre, j’ai peur de redevenir une personne qui ne sait plus vivre toute seule, j’ai peur de perdre une partie de moi, de ma personnalité, parce que je ne fais plus rien toute seule, juste pour moi.

Pour le moment, rien de grave, d’autant qu’elle a gardé son appartement et q’elle y retourne de temps en temps quelques jours. Mais je stresse un peu lorsque je songe au jour ou nous aurons décidé définitivement de vivre ensemble. D’autant que je ne veux en aucun cas quitter ma maison, parce qu’elle est l’illustration parfaite de ce dont j’avais toujours rêvé, le lieu, le jardin, la forêt, tout !! sauf sa petitesse, imposée encore pendant quelques années du fait de  ma situation financière.

Bien sur, N me dirait qu’il existe une solution a cette petitesse, se pacser, coucher les choses sur le papier et investir a deux dans les travaux… Mais moi, pour le moment je ne le souhaite pas, je sais au fond de moi que ce n’est pas raisonnable. Et bien que dans mon esprit, lorsqu’elle est là, elle n’est pas chez moi, mais chez nous, je préfère (en espérant que ça ne nous soit pas fatal) vivre dans un petit espace mais qui perdurera dans le temps que notre relation amoureuse dure ou ne dure pas…